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L'économie, une science qui nous gouverne ? - Leçons de crises



couverture livre
Gérard Bonos

Arena Richard (autres ouvrages et documents)

Richard Arena est actuellement professeur à l'Université de Nice/Sophia Antipolis, membre du GREDEG (UMR de cette université et du CNRS) et du Conseil National des Universités (CNU).
D'abord chercheur au CNRS (1977-1984), il a ensuite été professeur aux universités de Saint-Etienne (1984-1986) et de Nice (depuis 1986). Ses spécialités de recherche sont l'histoire de la pensée économique, la philosophie économique, la théorie des cycles d'affaires, l'économie industrielle et l'économie de la connaissance. Il a publié sous sa (ou co-)responsabilité une quinzaine d'ouvrages, une soixantaine d'articles dans des revues et près de soixante-dix chapitres dans des ouvrages collectifs. Il dirige la Revue d'Economie Industrielle et est membre de plusieurs comités de rédaction et conseils scientifiques de revues françaises et étrangères. Il a été professeur invité dans plusieurs universités étrangères, notamment Cambridge (Wolfson College), Hitosubashi (Tokyo University) et Stuttgart-Hohenheim.

Askenazy Philippe (autres ouvrages et documents)

Philippe Askenazy est directeur de recherche au CNRS-Ecole d'économie de Paris et professeur à l'Ecole normale supérieure. Auteur de nombreux ouvrages sur l'économie et le travail, il est l'un des initiateurs des Economistes atterrés.
Page Personnelle

Benghozi Pierre-Jean (autres ouvrages et documents)

Pierre-Jean Benghozi, 53 ans, est ancien élève de l’Ecole polytechnique, docteur en Sciences des organisations, HDR en Economie (Université Dauphine) et ancien Auditeur de l’Institut de Hautes Etudes pour les Sciences et la Technologie.

PJ Benghozi est directeur de recherche de première classe au Centre National de la Recherche scientifique (CNRS) et professeur à l’Ecole polytechnique. Il y dirige le Pole de Recherche en Economie et Gestion (UMR CNRS-EP 7176) et y est en charge de la Chaire «Innovation et Régulation des services numériques».

Bonos Gérard (autres ouvrages et documents)

Gérard BONOS est journaliste sur PUBLIC SENAT


Editeur : Actes sud
Nombre de pages : 384
Prix : 27.95 €
Parution : avril 2011
Essai

Présentation éditeur :

Deux révolutions industrielles au XIXe siècle, celles de l’information et de la mondialisation au tournant du XXIe ; la succession des crises économiques dues aux spéculations sur le crédit, (1929), sur l’immobilier (Japon, années 1990), le numérique (années 2000-2002), les subprimes (2008) … nul doute, l’économie nous gouverne.
Mais qu’en est-il de la science économique, théorisée par Karl Popper, et de son autorité dans l’ordre de l’analyse, de la prévision et de la décision? A l’origine, l’économie se voulait « politique », sans s’arroger le titre de science. Empreinte de l’esprit des Lumières, elle se fondait sur le principe de la libre circulation des biens et des marchandises, qu’autorisait la spécialisation des tâches (Adam Smith), en un harmonieux système d’échanges autorégulé, dynamique, appliquant au commerce et à la production le cadre intellectuel défini, un siècle plus tôt, pour l’étude de la nature, par Harvey, circulation du sang, développement de l’embryon, puis par la mécanique céleste de Newton, plus tard par les expériences sur le magnétisme et l’électricité.
Au nom de ce principe naturel des échanges réciproques, l’économie politique dénonçait, avant tout, les déformations artificielles, autoritairement imposées par le colbertisme, ainsi que les avantages indus concédés aux grands monopoles (Compagnie des Indes). L’économie ressortissait ainsi à la philosophie politique et au savoir encyclopédique. Tout change avec la première révolution industrielle, fondée sur l’innovation technologique (Watt et Boulton, Arkwright) et sur sa commercialisation soumise à la compétitivité des entreprises et à la puissance des Etats.
A partir de 1830, les crises récurrentes et les traumatismes sociaux qu’elles engendrent semblent rendre nécessaire une science de la prévision voire de la « transformation » (Marx) des mécanismes économiques modelant la société. D’où le développement, depuis les travaux de Clément Juglar, théoricien des cycles économiques (1862 et 1869), d’une analyse théorique, de contenu statistique et historique, mais faisant appel, également, dans son cas, à la psychologie des masses.
La Grande Dépression de 1929-34 est l’âge d’or de la théorie économique : l’analyse des crises en est le noyau, Keynes, Hayek, Schumpeter, les noms emblématiques. Dès lors, apparaissent les modèles macroéconomiques de cycles, les analyses quantifiables de l’économétrie. Le 1er choc pétrolier de 1973, qui scelle la fin des Trente Glorieuses, et la remise en question de Keynes et de l’Etat-providence au nom du monétarisme de l’idéologie libérale (Milton Friedman et la Nouvelle école classique) accentuent, en fait, le besoin de modélisation (modèle d’équilibre général stochastique) et de quantification reposant sur des concepts, théorie des marchés efficients, de la valeur fondamentale, qui présupposent, en microéconomie aussi bien, désormais discipline reine, des acteurs économiques abstraits, entièrement rationnels, et le pur calcul de l’intérêt sur la base d’une information intégrale et instantanée.
L’un des intérêts majeurs des nombreuses contributions au livre est de nuancer la tentation de la rationalité radicale de la science économique, telle qu’elle est représentée par de grandes figures comme Arrow, Debreu, Maurice Allais, sans toutefois dévaluer cette exigence de rationalité mais en laissant apparaître l’infinie complexité d’un champ économique soumis à de multiples paramètres, qualitatifs autant que quantitatifs.
D’une part (chapitres 1 et 2) la science économique, tout en ayant recours aux instruments d’analyse de la mathématique statistique et surtout de la physique, relativise elle-même son objet en l’insérant dans un réseau diffus de conditions sociales et de subtiles aspirations psychologiques : John Rawls, capabilités d’Amartya Sen, « économie du bonheur », théorie des jeux, neuroéconomie … D’autre part, les nombreux domaines d’application auxquels elle se confronte sont développés tout au long de la deuxième partie (chapitres 3 à 5) : créativité et innovation industrielle ; rôle du secteur bancaire et articulation de l’économie financière et de l’économie réelle ; principaux enjeux de société tels l’énergie, les conditions climatiques, la croissance durable, l’équité de répartition des ressources ; l’opacité des concepts économiques pour le public dont l’inculture économique engendre des comportements aléatoires ou moutonniers ; l’articulation , enfin, de l’économique et du politique et l’exigence, peut-être utopique, d’une régulation mondiale de l’économie, improbable retour aux sources de l’Economie politique classique.

Sommaire

  • LA CRISE EST-ELLE UNE CRISE DES SAVOIRS ECONOMIQUES ? REPERES
  •  
  • Les crises et l'histoire du savoir économique
  • La construction des objets économiques : quelques exemples
  • La crise actuelle est aussi une crise de la théorie économique
  •  
  • COMMENT PENSER LES FRONTIERES DE L'ECONOMIE ? NOUVEAUX OBJETS
  •  
  • La banque : une institution et un modèle à réinventer
  • Internet et numérique : une nouvelle économie pour la nouvelle économie
  • L'entreprise, un point aveugle de la science économique : quelle place pour les sciences de gestion ?
  •  
  • QUE DIT L'ECONOMIE DES GRANDS ENJEUX DE SOCIETE ? PROSPECTIVE
  •  
  • La voie étroite d'un développement énergétique durable au XXIe siècle
  • Energie, climat, ressources et services gouvernementaux : une nouvelle écriture de l'inéquité
  • Inégalité, croissance, équité
  •  
  • L'ECONOMIE DISCUTEE : SOCIETE, EXPERTISE ET POLITIQUE
  •  
  • Faut-il brûler les économistes ? Cultures nationales et intérêt général
  • Le rôle des médias dans la culture économique
  • Economie, la mal-aimée des médias : la vision d'un journaliste

 

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