Histoire L'A B C de l'Argent

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couverture
Carnegie Andrew


Editeur : Éditions John Galt
Isbn : 782494384293
Nombre de pages : 176 pages.
Prix : 19.00€
Parution : décembre 2025
Public : Tous publics
Essai

Présentation éditeur

Vu son titre, on aurait pu s’attendre à ce que ce livre fasse partie de notre collection Économie. Or en réalité, ce livre est un témoignage, et, pour cette raison, il a trouvé sa place dans la collection Histoire.

Ce livre est d’abord un témoignage envers son auteur. Andrew Carnegie est un nom largement oublié, qui pourtant demeure très présent en 2025. 
Qui n’a pas entendu parler de la Carnegie Mellon University ? Qui n’a pas assisté, ou vu dans les médias, un concert exécuté au Carnegie Hall, à New-York ? Andrew Carnegie – il a 70 ans quand cette traduction est publiée – fut au début du XXe siècle l’homme le plus riche du monde, après avoir été simple télégraphiste, dans sa jeunesse d’émigrant écossais, aux USA.

Il fut ainsi, et il reste encore à bien des égards, l’exemple parfait du self-made man, de l’entrepreneur qui a réussi au-delà de toute espérance. Par le travail, l’astuce, la vision et l’innovation, par un sens aigu des affaires, il su bâtir un empire industriel d’envergure internationale, à partir de rien.

Assemblé par son traducteur, le livre est un vibrant hommage au message que cet homme richissime à voulu transmettre sur les dernières années de sa vie, à travers divers discours publics et articles parus dans la presse. De nos jours, Andrew Carnegie incarnerait l’horreur absolue du capitaliste de caricature. Pourtant, la thèse de l’ouvrage fait de lui un bel humaniste.

L’ouvrage est organisé en trois parties, après la vibrante introduction du traducteur. L’Évangile de la Richesse (The Gospel of Wealth) et le Discours se combinent en premier pour nous révéler un homme très généreux, rien de moins qu’un philanthrope, très loin de la figure égoïste de la propagande. Il est d’ailleurs célèbre pour avoir légué sa fortune immense à plusieurs institutions d’intérêt public, justement pour rendre sa richesse au monde.

Mais ce livre est peut-être surtout un témoignage à un autre niveau ; celui d’une époque. Ce sont les deux parties suivantes qui l’articulent. Le titre, L’A B C de l’Argent, vient de l’exposé qui suit. Il s’agit d’un cours d’histoire de la monnaie tout à fait pertinent, vu d’un temps où la FED n’existe pas encore. L’auteur complète ce cours d’économie avec deux autres articles.

Puis vient une série de prises de positions plus politiques, où l’auteur fait le récit de la manière dont il a vécu l’explosion économique américaine et comment il verrait, pour sa part, les priorités pour le pouvoir étatsunien.

On y découvre une dynamique économique dont nous avons perdu tout point de comparaison de nos jours. Les entreprises peuvent saisir les occasions d’affaires à grande vitesse ; les fortunes se font aussi vite. L’ouvrier peut devenir actionnaire, voire « associé » fortuné, d’une grande industrie. Tout le texte est un rapport d’expérience d’économie libre vécue en direct.

Il s’y confirme également qu’un homme « riche » au possible pouvait être un grand penseur en matière sociale – un poil à gratter pour la gauche. Monsieur Carnegie, parce qu’il a connu l’émigration, « qu’il s’est fait tout seul », sait et pense à concevoir des organisations d’entreprise qui sont autant de tremplins pour les collaborateurs qui en sont dignes. Il le fait de sa seule initiative, sans intervention du pouvoir, sans aucune législation.

Avant de vous laisser à votre lecture, il me faut pondérer l’enthousiasme du traducteur, cependant. Car, concernant la politique économique, tout n’est pas irréprochable, chez Andrew Carnegie. Par exemple, il se dit très clairement protectionniste, une position qui n’est pas celle d’un libéral :

« Je suis un protectionniste fervent, mais seulement dans le cas où il y a des raisons de croire qu’une protection momentanée pourra fournir au consommateur n’importe quel article, meilleur et à meilleur compte que s’il l’achetait à l’étranger. »

La condition qu’il met au protectionnisme peut sembler pertinente, mais elle occulte la réalité du pouvoir politique. Frank Chodorov, plus tard, lui aurait rappelé que « L’État acquiert le pouvoir. Et, à cause de son goût insatiable du pouvoir, il est incapable d’en abandonner une quelconque parcelle. L’État n’abdique jamais. ». Autrement dit, la « protection momentanée » est le plus souvent, voire toujours, nous dit Chodorov, un leurre, une illusion.

Malgré ses quelques penchants interventionnistes, venus sans doute avec l’âge et avec l’exposition aux rapports troubles entre affaires et politique, lire Andrew Carnegie en 2025 demeure, à mon sens, une source vitale et riche d’inspiration pour quiconque doute encore de la force de la Liberté. Je vous souhaite un plaisant moment de lecture en sa « riche » compagnie.

Stéphane Geyres
Directeur de Collection