L’Homme, l’Economie et l’Etat – Tome I

Auteur(s) :

couverture
Rothbard Murray


Editeur : Éditions John Galt
Isbn : 9782494384286
Nombre de pages : 330 pages.
Prix : 25.00€
Parution : novembre 2025
Public : Master
Essai

Présentation éditeur

Pour l’École Autrichienne d’Économie, trois ouvrages sont spécialement importants. Par ordre chronologique, il s’agit des Principes de Carl Menger, seulement traduits en français au début de 2020, l’Action Humaine de Ludwig von Mises, maintenue confidentielle par la pseudo propriété intellectuelle, et «Man, Economy and State» de Murray Rothbard, traduit en L’Homme, l’Économie et l’État, dont voici le volume I.

Il y a près de vingt ans, Guido Hülsmann eut la riche inspiration de diriger la première publication de l’opus magnum de Murray Rothbard dans la langue de Bastiat et de Molinari, qui depuis était devenue introuvable.

C’est donc une grande fierté pour nous de porter à nouveau aux lecteurs cet ouvrage essentiel, dont la richesse demeure, à mon sens, inégalée. Ce premier volume sera suivi de quatre autres, afin de garder à chaque livre des dimensions plus contemporaines. Nous tenons à remercier tout spécialement Guido Hülsmann et le Mises Institute pour avoir rendu cette republication possible, donnant à tous plein accès à l’École autrichienne.

Dans ce tome, nous intégrons les quatre premiers chapitres de l’ouvrage. Ils couvrent le parcours allant des fondamentaux théoriques, hérités de l’Action Humaine de Mises, jusqu’au phénomène de la formation des prix sur le libre marché, en passant par l’échange direct et l’échange indirect. Cela constitue un tout cohérent, qui ancre l’ensemble des notions de base dérivées de l’action humaine dans la réalité, préparant ainsi à la lecture du prochain tome. On pourrait d’ailleurs imaginer le lecteur en rester là, car ce premier ensemble apporte beaucoup à l’économiste du quotidien.

Soulignons le tour de force de Rothbard dans ce livre, sur un sujet qui par nature pourrait être très technique, celui de savoir rester accessible à tous les lecteurs. L’abondance des exemples très concrets tirés de la vie de tous jours, servant de fil rouge aux développements des notions, rend la lecture aisée. Rappelons de plus qu’un traité d’économie autrichienne ne contient – presque – aucune de ces formules faisant fuir les débutants.

L’approche suivie par Rothbard est très pédagogique, elle rappelle celle de Carl Menger dans ses Principes. Les situations sont très précises et très détaillées, avec des quantités échangées comptées à l’unité près. Cela lui permet d’expliquer, presque mécaniquement, la loi de l’utilité marginale et de donner un sens très concret aux notions économiques développées.

Le nombre de graphiques illustratifs peut être une surprise à quiconque a entendu dire que l’École autrichienne n’est pas mathématique et n’a pas besoin de courbes. Mais ces graphiques sont bien «autrichiens», ils décrivent le processus de l’échange, pas à pas. C’est un autre aspect de la finesse pédagogique de l’ouvrage, qui exploite également l’espace visuel.

Il est vrai que Murray Rothbard fut un étudiant – docteur – de la théorie néo-classique de l’économie. Il était donc très familier des graphiques et des courbes. C’est peut-être pour montrer à ses anciens condisciples que sa nouvelle théorie était un progrès pour eux, qu’il prit ce soin illustratif.

Enfin, il y a un domaine de base de la théorie autrichienne que Rothbard ne développe pas, ou très peu, dans cet ouvrage : l’épistémologie, ou ce que son successeur H-H. Hoppe qualifiera de «méthode autrichienne». L’axiome de l’action humaine, formulé par Ludwig von Mises, fait de la théorie échafaudée par L’Homme, l’Économie et l’État une théorie solide, la plus solide de toutes.

Mais Murray Rothbard fit sans doute un autre pari pour convaincre ses lecteurs : il a parié sur la pertinence des explications. Cela nous aura donné un livre qui reste et restera longtemps la référence.

Dans sa préface de 1993, Murray Rothbard livrait son optimisme ainsi :

«La curiosité intellectuelle a cependant l’habitude de percer, particulièrement parmi les étudiants des lycées et des universités. Résultat, l’École autrichienne a prospéré ces vingt dernières années, malgré de sévères obstacles institutionnels. »

Son ouvrage avait alors trente ans, et voilà un peu plus de trente ans que ce passage fut rédigé. Aujourd’hui, en effet, malgré de fortes résistances des théories mainstream, surtout en France, l’École autrichienne pourra se déployer largement grâce à ce livre – souhaitons-le. Bonne lecture à tous.

Stéphane Geyres
Directeur de Collection