Commerce Et Marché Dans Les Premiers Empires - Sur La Diversité Des économies

Auteur(s) :


Polanyi Karl
Arensberg Conrad
Pearson Harry

Introduction à la nouvelle édition française par Michele Cangiani & Jérôme Maucourant • Avant-propos d’Alain Caillé • Postface d’Alain Guery
Editeur :
Isbn : 9782356875495
Nombre de pages : 470 pages.
Prix : 39.60€
Parution : novembre 2017
Public : tous publics
Essai

Présentation éditeur

Publié en 1957, Trade and Market in the Early Empires figure l'aboutissement d'un programme de recherches, l'Interdisciplinary Columbia Project dont Polanyi est la figure marquante. Programme de recherche particulièrement ambitieux puisqu'il s'agit de rien moins que de réviser de fond en comble l'histoire et l'anthropologie économiques en contestant à la racine la thèse de l'universalité et de la naturalité du Marché. Ce n'est pas parce qu'il existe du commerce et des places de marché que ceux-ci obéissent toujours et partout à la loi du Marché. Ils peuvent, au contraire s'inscrire dans une logique de la réciprocité ou de la redistribution. Ni le marché ni l'homo oeconomicus n'existent de toute éternité. Voilà ce que propose d'établir l'École substantiviste dont ce livre est la première et grandiose réalisation. 
Polanyi est en fait l'inspirateur et l'architecte de cet ouvrage. Nombre de textes de ce volume sont des mémoires universitaires qu'il a fortement encadrés. Ce livre, traduit en français en 1975 sous le titre malencontreux de Les Systèmes économiques dans l’histoire et la théorie (titre qui reflète bien le structuralo-marxisme dominant en cette période) était épuisé depuis plus de vingt ans. 
Sa réédition était indispensable puisqu'il constitue le complément à La grande transformation, beaucoup plus connu, et aux Essais de Karl Polanyi (publiés au Seuil en 2008). Plus encore que ces deux livres, en effet, il permet de comprendre la singularité historique inouïe que représente la formation du capitalisme. Il joue donc un rôle essentiel dans le dépassement qui se cherche à l'idéologie néolibérale
Ce n'est pas un hasard si l'économie sociale et solidaire, par exemple, trouve dans le « substantivisme  », prôné par Trade and Market, une référence fondatrice. Quant à une alternative « éco-socialiste  » ou convivialiste pour le XXIe siècle, elle ne peut que se nourrir d'une théorisation qui implique que les structures économiques ne soient pas, par principe, abandonnées à l'errance de l'auto-régulation marchande de la société.