Les risques de pandémies se sont fortement accrus au cours des dernières décennies, en raison de l’essor des maladies infectieuses émergentes d’origine animale. On estime aujourd’hui que 75 % des nouvelles maladies infectieuses sont d’origine zoonotique, responsables chaque année de 2,5 milliards de cas de maladie et de 2,7 millions de décès dans le monde. Ce constat illustre l’imbrication profonde entre santé humaine et santé animale, qui fonde aujourd’hui le cadre « OneHealth ». Mais agir seulement une fois l’épidémie déclarée ne suffit pas, ou s’avère très coûteux, comme la pandémie du COVID-19 l’a démontré. Ces risques sanitaires nous contraignent à nous interroger en amont sur nos relations avec les animaux. La destruction sans précédent d’habitats naturels renforce les risques d’exposition aux pathogènes présents dans la faune sauvage (comme les coronavirus chez les chauves-souris), tandis que l’élevage, par son homogénéité et sa densité, constitue un terreau propice à la diffusion et à l’évolution de pathogènes. Plus que jamais, les pandémies soulèvent aussi des enjeux économiques majeurs que nous discuterons lors de cette session.
Intervenants :
Chalvet-Monfray Karine (Professeur, Vetagro sup & Directrice adjointe, UMR EPIA Epidémiologie des maladies animales et et zoonotiques)Erhard Bruno (Directeur des Affaires Corporate, Boehringer Ingelheim)
Espinosa Romain (Chercheur CNRS en économie, CIRED)
verizian Kevin (Maître de Conférences en psychologie, Université Savoie Mont Blanc)