Réussir les infrastructures de transport du 21ème siècle

Conférence organisée le 15 nov 2014

Les infrastructures de transport sont un accompagnement du développement des métropoles et des territoires. Elles favorisent la mobilité des personnes et des marchandises, réduisent les congestions urbaines inhérentes à la croissance des grandes villes et renforcent leur efficacité économique et écologique. Elles sont un puissant facteur de réduction des inégalités et de réussite des politiques d’insertion sociale quand elles améliorent les relations entre les quartiers en difficultés et les centres des villes. Mais elles permettent également d’anticiper sur un développement économique durable des territoires, car elles augmentent leur attractivité pour les activités, elles contribuent au meilleur fonctionnement du marché du travail en facilitant l’appariement entre les offres et les demandes d’emploi, elles rapprochent les producteurs de connaissances et les innovateurs, elles accroissent la productivité des entreprises par une meilleure mise en jeu des effets d’agglomération, et, dans certains cas, les infrastructures de transport de masse autorisent une plus grande densification urbaine et des villes plus économes en carbone et en services publics. Mais l’importance de ces effets est difficile à chiffrer et il y a de nombreux débats entre les tenants d’effets limités et les défenseurs d’une approche au contraire considérable comme le sont les praticiens du sujet et le montre l’histoire économique. Que seraient aujourd’hui New York, Londres ou Paris si on n’avait pas réalisé de métro à la fin du 19ème siècle ; le territoire ou le dynamisme économique de tous les pays avancés sans les canaux ou chemins de fer ? Le long terme est toujours sous estimé dans les techniques d’évaluation et dans les décisions publiques. Mais cela demande un regard clair sur les mutations prévisibles dans les techniques des transports, les nouvelles formes de mobilité, d’activités et de modes de vie.
Au-delà de ces questions, le coût élevé des investissements en cause, aussi bien ferroviaires, de navigation intérieure que routiers, vient nourrir un débat difficile, particulièrement dans des pays où les financements publics souffrent de limitations fortes face aux politiques de désendettement. Car à côté des projets réellement porteurs de valeur pour la collectivité, nombreux sont les projets présentés comme volontaristes et dont les effets se font attendre. Enfin, et de toute manière, l’impact économique et social des infrastructures dépend fortement de l’environnement économique et des stratégies d’accompagnement et ce sont ces mesures d’accompagnement qu’il faut savoir conduire dans la durée.
D’où la nécessité d’une approche prospective, d’études solides et expertisées, et de débats les mieux organisés que possible pour éclairer des choix délicats et structurants pour l’avenir.

Modérateur :

Giraud Jean-Baptiste (Rédacteur en chef d’Economiematin.fr)

Intervenants :

Feillard Pascal (directeur de la prospective de PSA et SG du think tank « La ville en mouvement »)
Bourdeau Lepage Lise (professeure de géographie à l’Université Jean Moulin - Lyon 3)
Gilli Frédéric (chercheur associé à Sciences Po)
Bergougnoux Jean
Prager Jean-Claude (Directeur des études économiques de la Société du Grand Paris)
Soulage Bernard (Vice-président de la région Rhône-Alpes en charge de l’Europe et des Relations Internationales)
Wagner Laure (Head of communication & équipe fondatrice de Blablacar)
Janin Jean-François

Vidéo de la conférence :