De la croissance au bien-être (Vidéo disponible)

Conférence organisée le 04 nov 2021

La croissance économique assure-t-elle une amélioration générale du bien-être social et peut-elle continuer de la faire dans les décennies à venir ? Après plusieurs décennies de consensus général sur le caractère souhaitable et presque inévitable de la croissance, les dérèglements climatiques et environnementaux, le creusement des inégalités et des tensions sociales, puis les vulnérabilités et les potentialités mises à jour par la pandémie de Covid-19 remettent en question notre rapport à la croissance. Sous quelles conditions la croissance économique est-elle porteuse d’un plus grand bien-être social ? Comment expliquer que le mal-être grandisse dans des sociétés qui font partie des plus riches dans l’histoire de l’humanité ? Comment devons-nous envisager la possibilité d’une stagnation séculaire, d’une décroissance, voire d’un effondrement économique ? Quel éclairage les développements actuels apportent-ils sur le contenu de la croissance, et comment ce contenu peut-il être réorienté dans un sens porteur d’un plus grand bien-être ?
La table ronde cherchera à approfondir la réflexion sur ces questions à partir des éclairages de la philosophie économique, de la prospective, de la mesure empirique du bien-être et des tentatives pratiques de mettre en place la “décroissance” ou la “croissance autrement”. L’ensemble de ces contributions permettront de mieux cerner l’évolution longue de nos sociétés sous l’angle du bien-être des individus et de son lien avec la croissance.

Président de séance

Debonneuil Michèle (Inspecteur général des Finances)

Intervenants :

Fleurbaey Marc
Germain Jean-Marc (Conseiller du Directeur Général de l’INSEE)
Lahidji Reza (Responsable du pôle Évaluation et Gouvernance chez KPMG en Norvège)
Perona Mathieu (Directeur exécutif de l'Observatoire du bien-être du CEPREMAP)

Vidéo de la conférence :

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Une étude dans Insee Analyses No 57 publiée le : 08/10/2020

Mesure et ressenti de la croissance sont souvent opposés l’un à l’autre et effectivement la progression du PIB ne reflète pas forcément l’évolution du niveau de vie qui est perçue par la population. Un indicateur de PIB « ressenti » vise à corriger ce décalage en valorisant la dimension monétaire du bien-être national à partir d’informations sur la diffusion de la croissance au sein de la population et des données d’enquêtes relatives à la satisfaction dans la vie des ménages.

Appliqué à l’Europe et aux États-Unis, cet indicateur de PIB ressenti éclaire d’un jour nouveau les évolutions comparées des deux continents. Alors que le PIB des États-Unis a triplé depuis 1980, le PIB ressenti états-unien tel que l’on peut ainsi l’évaluer serait resté quasiment stable sur la même période. A contrario, à l’exception des années récentes, dans la plupart des pays européens, PIB par tête et PIB ressenti ont évolué parallèlement si bien qu’en 2017, l’Europe dépasse désormais les États-Unis en bien-être monétaire.

Par ailleurs, les crises économiques durent plus longtemps mesurées par le PIB ressenti : dix ans après, le PIB ressenti européen n’avait toujours pas retrouvé son niveau d’avant la crise financière de 2008, contrairement au PIB qui n’a mis que deux ans à faire ce même chemin. Au sein de l’Europe, l’Allemagne a retrouvé dès 2011 son niveau de PIB ressenti d’avant crise, contrairement à la France qui a dû attendre 2017.