Le blog des intervenants des Jéco 2025

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Afin de préparer les Jéco 2025 qui auront lieu les 4, 5 et 6 novembre 2025 à Lyon nous proposons des billets issus de divers manifestations.

Une inondation peut elle faire couler votre banque ? : Anticiper le coût des inondations grâce à un jumeau numérique

Par Lisa Kerdelhué, Économiste à la Banque de France et Etienne de l’Estoile, Économiste à la Banque de France, qui est intervenu sur la conférence : Quand l’eau manque ou déborde : Comment les entreprises peuvent agir et prévenir face aux dérèglements climatiques ? (Conférence off)

Bâtiments dégradés, machines inutilisables, stocks détruits : les inondations sont le premier risque naturel en France, susceptibles de détruire de nombreux actifs d’entreprises. Avec le changement climatique, des crues d’ampleur comparable à celle de la Seine en 1910 pourraient survenir dix fois plus fréquemment, avec des dégâts considérables. La région Auvergne-Rhône Alpes, en particulier, est fortement exposée. Ces dommages rejaillissent‑ils sur les banques qui financent les entreprises, amplifiant les conséquences économiques ? Quelles « digues » protègent le système financier ? En combinant des données géographiques, économiques et financières à une échelle extrêmement fine, il est possible d’apporter des réponses précises - et utiles pour l’action publique.

L’intelligence artificielle au service de la transition énergétique

Mathias Abitbol, Économiste ; Philippe Aghion, Professeur au Collège de France, Prix Nobel d’économie 2025 et Céline Antonin, Économiste senior, OFCE (Sciences Po) participent aux Jéco 2025. P Aghion sur les conférences  Remettre la science au cœur du débat public : qu’est ce qui fait vérité dans les débats aujourd’hui ? et Réconcilier concurrence et politique industrielle et C. Antonin sur les conférences  Allemagne : un modèle à bout de souffle ? et Crypto-actifs, la monnaie du futur ?

L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle (IA) en fait une révolution technologique majeure, à l’instar de la machine à vapeur au XIXᵉ siècle ou de l’électricité et des technologies de l’information au XXᵉ. Toutefois, à la différence de ces précédentes révolutions, toutes fondées sur une forte croissance des flux énergétiques, celle de l’IA devra s’imposer dans un contexte où la réduction des émissions de gaz à effet de serre constitue désormais une priorité mondiale.

L’industrie peut-elle devenir circulaire ?

Par Caroline Granier, Directrice des études, La Fabrique de l’industrie, qui interviendra sur les conférences : Réindustrialiser les territoires et Économie circulaire : l'exemple du textile

Les modèles circulaires représentent un moyen pour les entreprises de participer à la transition écologique tout en y trouvant un relais de croissance. Néanmoins, il existe un certain nombre d’obstacles à leur passage à l’échelle dans l’industrie, qui sont mis en évidence dans l’ouvrage Industries circulaires-Esquisse d’une transformation. Nous examinons ici le cas particulier de l’industrie textile

Comment apparaît la nouvelle géographie industrielle

Par Louis Gallois, Co-président, La Fabrique de l'industrie, qui interviendra sur la conférence : Réindustrialiser les territoires

Au niveau macroéconomique, en France et dans de nombreux pays similaires, on observe une diminution de la part de l’emploi industriel dans l’emploi total depuis le milieu des années 1970. Le rebond de l’emploi manufacturier observé entre 2016 et 2024 s’est traduit par une quasi-stagnation de cet indicateur, autour de 10 % depuis lors. Dans certains territoires, l’industrie n’a jamais cessé d’être dynamique ; d’autres en revanche ont perdu leur industrie voire leur attractivité. Une nouvelle géographie industrielle de la France a émergé ; c’est sur elle qu’il convient de s’appuyer désormais.

Stabilité affichée, risques cachés : le paradoxe des stablecoins

Par Céline Antonin, Économiste senior, OFCE (Sciences Po) et chercheur associé au Collège de France, qui interviendra sur les conférences : Allemagne : un modèle à bout de souffle ? et Crypto-actifs, la monnaie du futur ?

Présentés comme des ponts entre la finance traditionnelle et l’univers des crypto-actifs, les stablecoins (jetons indexés) prétendent révolutionner la monnaie et la finance. Pourtant, ils portent en germe une double menace : la fragilisation de l’ordre monétaire, fondé sur la confiance, et de l’ordre financier, en créant de nouveaux canaux de risque.

Un marché… unique mais fragmenté

Par Jérôme Creel, Sciences Po-OFCE & ESCP Business School, qui est l'organisateur de la conférence : L’Europe peut-elle revenir dans l’Histoire ?

L’année 2024 a vu la parution à quelques mois d’intervalle de deux rapports sur l’Europe, l’un sur le marché unique européen, l’autre sur la compétitivité européenne. Le premier rapport, réalisé par Enrico Letta, a été remis au Conseil européen en avril 2024. L’autre rapport, réalisé par Mario Draghi, a été remis à la Commission européenne en septembre 2024. 

Sport et économie au XXIe siècle

Par Wladimir Andreff, Professeur honoraire de Sciences économiques, Université Paris 1, intervenant régulier aux Jéco qui nous propose ce billet à l'occasion de la sortie de son ouvrage Sport et économie au XXIe siècle, collection Grands Repères Manuels, La Découverte, 2025, 414 pages, 26€

L’ouvrage analyse les interactions entre le sport et l’économie, l’organisation et la régulation du sport, son financement, et les différents marchés du sport. Le niveau de développement économique détermine les performances sportives et les événements sportifs ont un impact économique. La pratique sportive a des effets directs sur l’industrie des articles de sport et la construction d’infrastructures sportives. Le sport déclenche des externalités économiques positives (éducation, emploi, santé, bonheur) et négatives (corruption, matches truqués, paris frauduleux, dopage). Des politiques publiques encadrent l’économie du sport.

Des territoires bientôt inassurables ? Le défi climatique de l’assurance

Par Aurélien Baillon, Professeur, emlyon Business School & GATE, qui interviendra aux Jéco 2025 sur les conférences : Comment assurer les risques climatiques et Impôts locaux : des collectivités de moins en moins autonomes ?

Assurer sa maison contre l’incendie ou l’inondation paraissait évident jusqu’à présent. Demain, de plus en plus de territoires verront des assureurs réduire leur offre, car les sinistres deviendront plus fréquents, plus corrélés et plus coûteux. Sans assurance, les banques prêteront moins. Comment construire sa maison ou lancer une activité sans emprunt ? L’assurance des risques climatiques est un enjeu collectif, avec des conséquences économiques bien réelles pour les régions les plus touchées.

L’économie régénérative, une utopie ?

Par Gildas Barbot, CERAG - Université Grenoble Alpes Membre de l’équipe d’organisation des Rencontres de l’Economie Régénérative (Lyon, les 7 et 8 novembre 2025)

Si une majorité d’Etats, d’institutions et d’entreprises s’évertue à rendre l’économie soutenable, les résultats sont jusque-là décevants. Il n’est qu’à voir la trop lente décarbonation de l’économie mondiale (GIEC, 2022). Dans ce contexte, parler d’économie régénérative peut sembler décalé. Un oxymore même, puisqu’on finit par se faire à l’idée que produire rime avec détruire.

Monnaie numérique de banque centrale : l’enjeu de souveraineté

Par Agnès Bénassy-Quéré, Seconde sous-gouverneure de la Banque de France, qui interviendra aux Jéco 2025 sur les conférences : Les banquiers centraux face à la transition énergétique ; L'arme méconnue des paiements internationaux ; Crypto-actifs, la monnaie du futur ? ; Remise du prix du Concours Bloc-notes eco - OFF et La relation des Français avec l’épargne : une évolution nécessaire ? - OFF 

Le changement de pied de la nouvelle administration étatsunienne envers l’Europe nous oblige à réagir à notre très grande dépendance vis-à-vis de ce pays pour certains services critiques, notamment en matière de paiements.

Dans la zone euro comme ailleurs dans le monde, l’usage des espèces diminue d’année en année. Les paiements se font de plus en plus par des moyens numériques : virements, cartes, applications mobiles. En France, les paiements par carte sont devenus majoritaires aux points de vente en 2024 (graphique).

Economie du sport professionnel

Par Wladimir Andreff, Professeur honoraire de Sciences économiques, Université Paris 1, intervenant régulier aux Jéco qui nous propose ce billet à l'occasion de la sortie de son ouvrage Économie du sport professionnel, Classiques Garnier

Le sport professionnel représente 80% de la littérature internationale en économie du sport que cet ouvrage met à la disposition du lecteur francophone. Elle analyse l’équilibre compétitif, l’organisation en cartel, la modélisation des ligues sportives professionnelles et leur régulation, le talent sportif, le spectacle sportif et les tournois de sports individuels.

Comprendre pour agir : un essai sur l’économie de la violence

Par Mathieu Couttenier, Professeur d'économie, École Normale Supérieure de Lyon et Directeur du CERGIC, qui interviendra aux Jéco 2025 sur les conférences :  L’économie de la violence avec Mathieu Couttenier et Les batailles pour les ressources naturelles

En 2024, un habitant sur huit vit à portée d’explosions, d’affrontements ou de violences contre les civils. Et, si rien ne change, près de 60 % des plus pauvres de la planète vivront d’ici à 2030 dans des pays ravagés par les conflits, la violence et l’instabilité (Banque mondiale, 2025). La violence n’est ni une exception ni un accident : elle structure durablement des trajectoires politiques, économiques et sociales. Surtout, elle se renforce d’elle-même, puisqu’environ 40 % des pays replongent dans un conflit dans les dix ans suivant un accord de paix (Collier et al., 2003). C’est l’idée au cœur du livre : parler de cycle vicieux de violence, pour en révéler la profondeur structurelle et la temporalité étendue.

Ce livre, publié chez Les Léonides, poursuit une ambition simple : mettre la recherche au service du public, en montrant ce que l’économie peut dire des conflits : quantifier sans déshumaniser, expliquer les mécanismes sans les excuser, éclairer l’action sans la prescrire. L’économie y dialogue avec la sociologie, l’histoire, la géographie, l’anthropologie ; elle s’enrichit des données de terrain et des récits de vies, et s’articule en trois chapitres : déterminants, coûts, politiques.

A quoi ressemble une économie de guerre ?

Par Alain Quinet, Professeur associé, Académie de St-Cyr Coëtquidan, qui interviendra aux Jéco 2025 sur la conférence : A quoi ressemble une économie de guerre ?

L’Europe et la France ne sont pas en guerre, mais elles sont confrontées depuis quelques années à une accumulation de périls et de défis géopolitiques. Le thème de l’économie de guerre est revenu dans le débat public pour signifier que les politiques publiques doivent désormais intégrer les enjeux de sécurité militaire et de sécurité économique. 

Le visage de l’économie de guerre tel qu’il commence à se dessiner ne ressemble pas à ceux que les Européens avaient connu lors des deux guerres mondiales. Il emprunte certains traits de la guerre froide : un budget de défense plus élevé et une compétition technologique féroce entre grandes puissances. Il présente aussi des caractéristiques inédites. Les interdépendances entre puissances sont beaucoup plus fortes que du temps de la guerre froide et sont systématiquement « arsenalisées ». Une « révolution des affaires militaires » émerge par ailleurs avec la robotisation du champ de bataille et la généralisation de l’intelligence artificielle qui transforme le modèle économique de la défense. Dans un tel contexte, l’enjeu pour les Etats européens n’est pas simplement de reconstituer des capacités militaires amoindries, mais aussi de regagner collectivement en autonomie stratégique.

Europe : entre les discours et les actes

Par Sylvie Goulard, Institut franco-allemand, qui interviendra aux Jéco 2025 sur la conférence : Les Européens et leur destin

Europe : entre les discours et les actes, le fossé se creuse de plus en plus. Bien sûr, des commissaires, des députés et des fonctionnaires européens, des ministres nationaux et leurs équipes travaillent, en matière de défense, ou pour construire le marché des services financiers par exemple. Mais non seulement de nouveaux partages de souveraineté semblent exclus, mais ceux du passé sont trop souvent ignorés. En France, si les gouvernements successifs avaient grosso modo respecté les engagements pris à Maastricht, lorsque la France voulait ardemment l’Union économique et monétaire, sa dette serait moins astronomique, son coût serait plus supportable. En confondant la souveraineté avec la facilité, consistant à vivre au-dessus de ses moyens, la France s’est mise en difficulté, au risque de fragiliser la zone euro et d’endommager sa relation privilégiée avec l’Allemagne. Ailleurs, des fusions bancaires sont bloquées, des réflexes nationalistes ressurgissent sans que la Commission n’intervienne.

Impôts locaux : des collectivités de moins en moins autonomes ?

Par Sonia Paty, Professeure d’économie à l’Université Lumière Lyon 2, GATE Lyon Saint-Etienne (UMR 5824), qui interviendra aux Jéco 2025 sur la conférence : Impôts locaux : des collectivités de moins en moins autonomes ?

Avec ses 18 régions, 101 départements, 1 200 groupements intercommunaux et un peu moins de 35 000 communes, la France demeure un pays très fragmenté. Acteurs majeurs en matière de politiques publiques, les collectivités territoriales mobilisent principalement trois types de ressources : la fiscalité locale, les dotations et compensations versés par l’État et les recettes payées par les usagers des services publics locaux. Depuis deux décennies, plusieurs réformes ont progressivement modifié le poids relatif de ces principales recettes. Toutes ces mesures ont-elles finalement réduit l’autonomie fiscale des collectivités territoriales ? Le modèle français est-il en train de se transformer progressivement d’une fiscalité locale ancrée sur les territoires au profit d’une fiscalité nationale affectée aux collectivités territoriales ? Le système actuel permet-il de répondre aux enjeux actuels de la transition écologique ?

Mobilité : sortir des totems et des tabous

Par Jean Coldefy, Président du conseil scientifique de France Mobilités et conseiller scientifique du think&do tank Géonexio, qui interviendra aux Jéco 2025 sur les conférences : Passer de la voiture au vélo ou au transport commun, est-ce si simple ? et Mobilités et climat : au-delà des tabous

Il y a un large consensus pour renforcer les liaisons en transports publics entre nos grandes villes, qui sont les locomotives économiques du pays, avec les villes moyennes et le périurbain (où vit plus de 40% de la population). Il faudrait en moyenne trois fois plus de transport public sur ces liaisons pour diminuer l’usage de la voiture, baisser ainsi nos émissions de CO2 et la congestion urbaine. C’est l’objet des Services Express Régionaux Métropolitains (SERM). Pour les financer, le secteur a obtenu en 2025 l’extension d’un impôt sur le cout du travail, le versement mobilité, ce qui n’est pas du tout à l’échelle des enjeux et oublie les autres priorités de la nation : la défense, l’éducation, l’innovation, la santé, la justice. On passe ce faisant sous silence un tabou du transport public en France (ce dont il ne faut pas parler) et quatre totems (ce qu’il ne faut pas remettre en cause).

Comment sauver la protection sociale en France ?

Par Patrick Artus, Économiste, membre du Cercle des Économistes, qui interviendra aux Jéco 2025 sur les conférences : Garder l'épargne des européens en Europe et Sauver le modèle social européen

Déficit croissant des systèmes de protection sociale

Les régimes de protection sociale montrent des déficits très importants et croissants. La Sécurité sociale (essentiellement l'Assurance maladie) affiche un déficit de 15,3 milliards d'euros en 2024, qui devrait monter à 24,8 milliards d'euros en 2025. Les régimes de retraite ont un déficit de l'ordre de 7 milliards d'euros en 2025 et leur situation se dégradera, le déficit allant vers 15 milliards d'euros en 2035. Ces déficits croissants viennent de 2 causes essentielles : la faiblesse de la croissance, le vieillissement démographique.

Faut-il repenser les politiques d’innovation en France ?

photo A bergeaud

Par Antonin Bergeaud, Professeur, HEC Paris , qui interviendra aux Jéco 2025 sur les conférences : L'Europe peut-elle revenir dans l'Histoire ? et Repenser nos politiques d’innovation

La France fait face à un paradoxe inquiétant en matière d’innovation. Malgré des chercheurs reconnus mondialement, malgré un soutien public important et malgré une volonté affirmée de rester à la frontière technologique, le pays accumule des retards en termes d’innovation. L’incapacité de la France à développer un vaccin anti-Covid en est un symbole brutal, révélant de nombreuses failles. Ce décrochage se traduit par des parts de marché perdues, un déficit commercial et une dépendance accrue envers les technologies étrangères. Dans ce contexte, faut-il repenser les politiques d’innovation nationales ?

L’économie au défi de la biodiversité

Par Antoine Missemer, Chargé de recherche au CIRED, et Harold Levrel,, Professeur d’économie au Muséum national d'Histoire naturel et Chercheur au CESCO, qui interviendra aux Jéco 2025 sur les conférences : Les économistes face aux droits de la nature et La biodiversité bouscule la science économique : vers une économie politique de la nature

En ce début de XXIe siècle où 96 % de la biomasse de mammifères de notre planète est composée d’animaux domestiques ou d’êtres humains, et que de nombreuses espèces et équilibres écosystémiques sont en péril, il devient impérieux d’envisager une économie d’un nouveau genre, une économie de la coévolution, où l’être humain cohabiterait avec la nature sans chercher à la contrôler à tout prix. L’Économie face à la nature : de la prédation à la coévolution (2023, Les Petits Matins & Institut Veblen) explore ainsi toute une série de transformations institutionnelles, techniques, organisationnelles et écologiques, visant à modifier notre rapport avec le vivant.

Définition et enjeux de l’économie régénérative

Billet proposé par Laure Flandrin (Enseignante Chercheuse - École Centrale Lyon). Il est issu d'une présentation faite lors de la Journée de l'ingénierie organisée le 15 avril à Lyon par Le Collège d'ingénierie. Vous pouvez voir la vidéo sur leur site.

Cette communication présentée lors de la Journée de l’ingénierie, traite de l’économie régénérative avec un double objectif : d’abord poser les finalités de ce modèle émergent, et discuter ensuite de l’écologie industrielle comme levier pour les atteindre.