Peut-on prévoir les ruptures et les crises ? (vidéo disponible)

Conférence organisée le 08 nov 2012

Les économies ne se déforment pas continûment mais progressent par ruptures technologiques, financières, géopolitiques et dans leurs modèles de croissance. Les économistes savent-ils prévoir ces ruptures ou sont-ils condamnés à les commenter ex post.

Modérateur :

Izraelewicz Erik (Directeur du journal Le Monde)

Intervenants :

Aghion Philippe (Professeur au Collège de France, Chaire «Institutions, Innovation, et Croissance»)
Artus Patrick (Chef économiste de Natixis et membre du Comité Exécutif, Professeur-associé d'économie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne )
Bourguignon François (chaire émérite à Paris School of Economics )
De Margerie Christophe (Président-Directeur Général de Total)
Ferry Luc (Président délégué du Conseil d’analyse de la société)
Goulard Sylvie
Lauvergeon Anne (Présidente du Conseil de Surveillance de Libération )
Guesnerie Roger (Professeur au Collège de France et Président de l'Ecole d'économie de Paris)
Moscovici Pierre (Ministre de l'Economie et des Finances)

Vidéo de la conférence :


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Vidéo de la conférence

Intervenants (Fonctions à date de la conférence) :

Intervenants : Philippe Aghion (Professeur de Sciences économiques (Université d'Harvard)), Patrick Artus (Directeur de la Recherche et des Etudes Natixis), François Bourguignon (Directeur de l'Ecole d'économie de Paris, ancien économiste en chef de la Banque Mondiale), Christophe De Margerie (Président-Directeur Général de Total), Luc Ferry (Président délégué du Conseil d’analyse de la société), Sylvie Goulard (Députée européenne, élue dans la circonscription Ouest de la France), Roger Guesnerie (Professeur au Collège de France et Président de l'Ecole d'économie de Paris), Anne Lauvergeon (Présidente du Conseil de Surveillance de Libération), Pierre Moscovici (Ministre de l'Economie) et des Finances et Erik Izraelewicz (Le Monde)




Les documents associés à la conférence

Les évolutions économiques marquantes se font, surtout depuis les années 1990, non de manière continue mais dans des crises financières de natures diverses :
- explosions de bulles spéculatives sur les prix des actifs (actions en 1997, 2000 ; immobilier et actifs complexes liés à l’immobilier en 2007-2008) ; ces explosions de bulles conduisent à la révélation de l’excès d’endettement, d’où le basculement dans une dynamique de désendettement ;
- crises de balance des paiements (arrêt brutal du financement d’un pays par les prêteurs non résidents : par exemple 1997 en Corée et en Thaïlande, 1998 au Brésil, en Russie, 2000-2001 en Turquie, 2009 dans les pays périphériques de la zone euro), d’où récessions, quand c’est possible effondrement du taux de change ;
- apparition brutale de primes de risque sur les dettes publiques qui étaient auparavant considérées comme sans risque (pays périphériques de la zone euro) d’où le passage brutal à des politiques budgétaires restrictives ;
- crises de liquidité bancaire conduisant au rationnement du crédit bancaire, domestique et à l’exportation, comme après la faillite de Lehman.

Il existe aussi toujours bien sûr des évolutions progressives (par exemple changement du modèle économique de la Chine, réindustrialisation des Etats-Unis et désindustrialisation de plusieurs pays de la zone euro…) qui sont très importantes, mais elles ne marquent pas de manière aussi brutale que les crises financières l’équilibre économique.
Il est donc essentiel d’essayer de prévoir les crises financières et les anomalies de valorisation du risque qui les annoncent.
Mais on sait que la prévision des crises est difficile :
- il s’agit d’équilibres multiples, et la crise est un saut de l’économie sur un équilibre défavorable ; si la modélisation théorique des équilibres multiples est faisable (le plus souvent, anticipations autoréalisatrices) et répandue, leur modélisation empirique est complexe ; de plus, la multiplicité d’équilibres peut être liée simplement à la formation des anticipations et non à des grandeurs objectives de l’économie ;
- la notion de « valeur fondamentale d’un actif financier » n’est pas claire ; il y a «équilibre avec taches solaires» : si les investisseurs croient qu’un actif financier dépend fondamentalement de certaines variables, le prix d’équilibre de l’actif va en réalité en dépendre (de leur niveau ou de leur variabilité) ;
- les phénomènes de contagion des crises sont complexes ; certaines contagions sont dues à des causes objectives (liens commerciaux, financiers), mais d’autres viennent seulement des mouvements des anticipations.