A quoi servent les banques centrales sans inflation ? (Vidéo disponible)

Conférence organisée le 09 nov 2016

On observe depuis la crise de 2008-2009 des modifications très importantes du fonctionnement de l’économie :
- même lorsque les économies se rapprochent du plein emploi, les salaires ne croissent pas plus vite et l’inflation n’augmente pas (la « fin des Courbes de Phillips»)
- même à long terme, une création monétaire plus rapide n’entraîne pas une inflation plus forte (la « fin du monétarisme »).

Il faut donc se demander d’une part, d’où viennent ces ruptures dans le fonctionnement de l’économie, si elles sont durables ; d’autre part comment elles influencent le choix des politiques monétaires par les Banques Centrales. Les Banques Centrales peuvent-elles conserver des objectifs d’inflation, utiliser des Règles de Taylor (liant les taux d’intérêt à l’inflation et au taux d’utilisation des capacités de production ou au taux de chômage) si l’inflation ne revient pas en seconde moitié des cycles d’expansion et si la politique monétaire n’a pas d’effet sur l’inflation ? Que deviennent alors les objectifs légitimes des politiques monétaires ?

Modérateur :

Dancer Marie (Chef adjointe du Service Economie (Macro-économie France et Europe) La croix)

Intervenants :

Artus Patrick (Chef économiste de Natixis et membre du Comité Exécutif, Professeur-associé d'économie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne )
Coeuré Benoît (Membre du directoire de la Banque centrale européenne)
Pisani Florence (Economiste, Candriam)
Jaillet Pierre (Conseiller spécial du Gouverneur – Banque de France)
Valla Natacha (Chef de la Division Politique et Stratégie du Département Analyses économiques à la Banque européenne d’investissement)

Vidéo de la conférence :

Vidéo de la conférence

Intervenants (Fonctions à date de la conférence) :

Intervenants : Patrick Artus (Chef économiste de Natixis et membre du Comité Exécutif, Professeur-associé d'économie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ; Benoît Coeuré (Membre du directoire de la Banque centrale européenne) ;  Pierre Jaillet (Conseiller spécial du Gouverneur – Banque de France) ;  Florence Pisani (Economiste, Candriam) ;  Natacha Valla (Chef de la Division Politique et Stratégie du Département Analyses économiques à la Banque européenne d’investissement) et Marie Dancer (La Croix)




Les documents associés à la conférence

Présentation utilisée par Florence Pisani, elle contient de nombreux graphiques (sur plusieurs années) : inflation, masse montéaires, taux d'endettement entreprises et ménages des Etats-Unis ... émetteurs et acheteurs de dettes, salaires et taux de chômage.



Dispositives utilisées par Natacha Valla, elles portent sur la question "que peut faire" "à quoi sert". On trouvera notamment des graphiques sur le déficit d'investissement, notamment en infrastructures 



Documents utilisés par Patrick Artus. Afin d'illustrer la courbe de Phillips il présente des graphique présentant le taux de chômage et le salaire nominal puis avec l'inflation sous jacente par tête pour les Etats-Unis, la zone euro, le Japon, l'Allemagne. Afin d'illustrer la relation entre la croissance et de l'offre de monnaie et l'inflation il utilise des graphiques mettant en relation  a base monétaire, la masse monétaire M2 et l'inflation depuis les annnées 90  



L’expérience de politique monétaire très expansionniste depuis 2008 dans les pays de l’OCDE, et les trajectoires économiques des pays de l’OCDE, conduisent à s’interroger sur les fondements théoriques des politiques monétaires. Quelles sont les questions posées ?

* y a-t-il encore un arbitrage entre inflation et chômage à court terme (y a-t-il encore une courbe de Phillips) ? Si la réponse est négative, le fondement de la politique monétaire contracyclique de court terme disparaît ;

* par quoi est déterminée l’inflation à long terme ? On ne voit plus de lien à long terme entre croissance de l’offre de monnaie et inflation ; que doivent alors faire les Banques Centrales pour modifier les anticipations d’inflation à long terme ? Faut-il croire au néo-fisherisme (c’est le taux d’intérêt nominal qui détermine l’inflation) ?

* les effets favorables attendus des politiques monétaires (soutien de l’activité réelle par le canal du crédit, la dépréciation du change, les effets de richesse, le canal du risque) ne sont-ils pas devenus faibles ? Si c’est le cas :
- la politique monétaire étant peu efficace, il faudrait en théorie l’utiliser peu ;
- ces effets favorables peuvent être dominés par des effets défavorables de nature microéconomique (écrasement des primes de risque, mauvaise allocation de l’épargne, effets de revenu sur les épargnants) ou par les effets défavorables des taux d’intérêt très bas sur les intermédiaires financiers ;

* les politiques monétaires très expansionnistes ne révèlent-elles pas en réalité la « fiscal dominance » : la nécessité pour les Banques Centrales d’assurer la solvabilité budgétaire ? Les Banques Centrales ne créent-elles pas alors de forts aléas de moralité vis-à-vis des Etats, une forte irréversibilité des politiques monétaires expansionnistes ?

* les innovations technologiques, le digital... ne vont-ils pas faire apparaître une situation chronique de baisse des prix ? Il s’agirait d’un choc d’offre positif et non d’un choc de demande négatif : les Banques Centrales devraient-elles réagir par des politiques monétaires très expansionnistes ? Ne vaudrait-il pas mieux faire disparaître les rigidités nominales (sur les taux d’intérêt, les salaires nominaux) ?

* quels sont les effets redistributifs, les effets sur les inégalités des politiques monétaires très expansionnistes ?



Les liens vers des sites ou documents internet associés à cette conférence

Les politiques monétaires européennes doivent etre plus accomandantes pour permettre aux différents pays de la zone euro de surmonter les conséquences de la crise économique. Des taux d'intérêt faibles en font partis et ne pésent pour l'instant pas sur la rentabilité des banques.



Patrick Artus démontre à l'aide de graphiques que les théories habituelles de l'inflation à court et à long terme ne correspondent plus à la conjoncture économique du monde actuel et qu'il est nécessaire de reconstruire la théorie de l'inflation ainsi que la théorie de l'action des Banques Centrales.